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Comparatif

Uber Eats vs commande directe : le calcul complet

Publié le 22 juillet 2026 · Mis à jour le 29 juillet 2026 · Lecture 10 min · Par Algorio

Les deux canaux ne font pas le même métier. Uber Eats vous vend de l'acquisition et de la livraison. La commande directe vous rend votre marge et votre fichier client. Voici la comparaison chiffrée, ticket par ticket, avec le seuil exact à partir duquel le direct devient rentable.

1. Ce que chacun apporte réellement

Beaucoup de restaurateurs opposent les deux canaux comme s'il s'agissait du même produit vendu à deux tarifs différents. Ce n'est pas le cas.

Uber Eats vous vend de la demande et des coursiers

Quand un client ouvre la marketplace, il ne cherche pas votre restaurant. Il cherche à manger. La plateforme vous place devant des gens qui ne vous connaissent pas, gère leur paiement et envoie un coursier chercher le sac. C'est un service réel, avec une valeur réelle, en particulier au démarrage ou sur une zone où personne ne vous connaît encore.

Le problème n'est donc pas que ce service existe. Le problème est son prix, et surtout le fait qu'il s'applique aussi à vos habitués, ceux qui auraient commandé chez vous de toute façon.

La commande directe vous rend la marge et les données

Le client scanne un QR code en salle, en vitrine ou sur son emballage, il choisit, il paie, vous recevez la commande. Aucune commission ne part chez un intermédiaire, et vous connaissez son prénom, son numéro et ce qu'il a commandé. En contrepartie, personne ne va chercher les clients à votre place et personne ne livre à votre place. C'est la limite honnête de ce modèle, et nous y revenons plus bas.

En une phrase

Uber Eats achète de la visibilité et de la logistique, et vous la facture en pourcentage de votre chiffre d'affaires. La commande directe achète de la marge et un fichier client, et vous la facture en abonnement fixe.

2. Le vrai coût d'Uber Eats, poste par poste

La commission affichée est un chiffre unique, mais la facture réelle se compose de plusieurs couches.

La commission principale

En 2026, un restaurant partenaire paie de l'ordre de 30 % sur une commande livrée par la plateforme. Sur une commande en retrait, où le client vient chercher son sac lui même, le taux descend généralement dans une fourchette de 10 à 15 %. C'est la ligne la plus visible, et déjà la plus lourde.

Les frais de service et les prix gonflés

Le client, lui, ne paie pas 22 €. Il paie votre ticket, plus des frais de service, plus des frais de livraison, parfois une majoration de petite commande. Un menu à 22 € qui apparaît à 28 € une fois tout ajouté, ce n'est plus votre positionnement prix. Et pour absorber la commission, beaucoup de restaurateurs majorent en plus leurs tarifs de 10 à 20 % sur la marketplace. Vos plats deviennent donc plus chers chez l'intermédiaire que chez vous, ce qui est un excellent argument pour basculer vos habitués en direct.

La TVA sur la commission

La commission vous est facturée hors taxes, avec 20 % de TVA en plus. Si vous êtes assujetti, cette TVA est récupérable, donc le coût réel reste le montant hors taxes. Mais elle est prélevée tout de suite et récupérée plus tard : c'est de la trésorerie immobilisée chaque mois, sur des montants qui se comptent en milliers d'euros. Ce point est développé dans notre article sur le vrai coût de la commission Uber Eats.

Comparaison ticket par ticket sur une commande à 22 €

LigneUber Eats livraison (30 %)Uber Eats retrait (15 %)Commande directe Algorio
Ticket encaissé22,00 €22,00 €22,00 €
Commission plateforme6,60 €3,30 €0,00 €
Frais bancaires (environ 1,5 % + 0,25 €)Inclus dans la commissionInclus dans la commission0,58 €
Part d'abonnement (129 € répartis sur 1 200 commandes)0,00 €0,00 €0,07 €
Il vous reste15,40 €18,70 €21,35 €

Écart entre la livraison via la plateforme et la commande directe : 5,95 € par commande. Sur un plat dont la matière première coûte 6 à 7 €, cet écart représente très souvent la totalité de votre bénéfice.

3. Simulation sur 1 200 commandes par mois

Prenons un restaurant qui tourne bien : 1 200 commandes par mois, soit environ 40 par jour, avec un ticket moyen de 22 €. Cela représente 26 400 € de chiffre d'affaires mensuel sur ce canal.

Scénario A : 100 % via Uber Eats en livraison

1 200 commandes × 22 € = 26 400 € de CA mensuel
26 400 € × 30 % de commission =
7 920 €/mois
Soit 95 040 € de commissions sur une année pleine.

Scénario B : 100 % en commande directe

Abonnement Algorio : 129 €
Frais bancaires : 1 200 × 0,58 € = 696 €
Coût total du canal :
785 €/mois
Écart avec le scénario A : 7 135 € par mois, soit 85 620 € par an.

Ce scénario B est volontairement théorique : aucun restaurant ne bascule 100 % de son volume plateforme en direct du jour au lendemain. Voici donc un cas réaliste.

Le scénario réaliste : 30 % du volume basculé en direct

Vous conservez la marketplace pour l'acquisition, et vous faites migrer 360 commandes par mois vers votre canal direct.

Gain net avec 360 commandes en direct

Commissions évitées : 360 × 6,60 € = 2 376 €
Coût du canal direct : 129 € + (360 × 0,58 €) = 297,80 €
2 078 €/mois
Soit environ 24 938 € récupérés sur une année.

Vous n'avez rien changé à votre carte, ni à votre cuisine, ni à vos horaires. Vous avez simplement arrêté de payer une commission d'acquisition sur des clients déjà acquis.

Le seuil de bascule exact

La question la plus utile n'est pas « combien je gagne à 1 200 commandes », mais « à partir de combien de commandes le direct devient il moins cher ». L'abonnement coûte 129 € fixes, chaque commande directe coûte environ 0,58 € de frais bancaires, chaque commande plateforme coûte 6,60 € en livraison ou 3,30 € en retrait à 15 %.

Autrement dit, même le plus petit restaurant de quartier franchit ce seuil dans la première semaine du mois. Toutes les commandes suivantes sont en marge pleine, quel que soit votre volume, puisque l'abonnement ne bouge pas.

Faites le calcul sur vos chiffres

0 % de commission, commande par QR code, 129 €/mois, accompagnement 12 mois.

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4. Le fichier client, l'actif que la marketplace ne vous rend pas

L'argent visible, ce sont les commissions. L'argent invisible, c'est le client que vous ne pouvez pas recontacter.

Sur une marketplace, la relation appartient à la plateforme. Vous ne connaissez ni le nom complet, ni l'email, ni le numéro de la personne qui a mangé votre burger vendredi soir. Vous ignorez si elle est venue trois fois ou trente fois. Vous ne pouvez pas lui écrire quand vous lancez une formule ou quand le service du mardi est creux.

En commande directe, chaque commande alimente votre propre base : prénom, téléphone, historique, panier moyen, fréquence. Cela change trois choses concrètes.

Une précision : cette base doit être gérée dans les règles. Consentement explicite pour les messages commerciaux, lien de désinscription, finalité claire, durée de conservation limitée. Le RGPD n'interdit pas la relance client, il encadre la façon de la faire. Le sujet est détaillé dans notre guide pour quitter Uber Eats sans casser son chiffre d'affaires.

5. Ce que la commande directe ne fait PAS

C'est la partie que la plupart des pages de vente évitent. Elle est pourtant la plus utile pour décider.

Une solution de commande directe encaisse la demande, elle ne la crée pas. Le jour où vous installez votre QR code, il ne se passe rien. Aucun flux de nouveaux clients ne tombe du ciel. Si personne ne sait que vous prenez les commandes en direct, personne ne commande en direct.

Ce qui remplit un canal direct, c'est un travail de visibilité locale, régulier et peu spectaculaire :

Deuxième limite à assumer : la livraison n'est pas incluse. Vous êtes sur du retrait, du sur place, ou de la livraison que vous organisez vous même, avec votre livreur ou un prestataire de course facturé au trajet. Si votre modèle repose à 90 % sur la livraison à domicile dans un rayon large, le direct ne remplace pas la plateforme sur ce point. Il la complète.

Dit autrement : la commande directe est un outil de marge et de fidélisation, pas un outil d'acquisition. Confondre les deux est la principale cause de déception. Notre comparatif des solutions de commande détaille ce que chaque option couvre réellement.

6. La stratégie mixte, la seule réaliste

La bonne question n'est pas « Uber Eats ou commande directe », mais « quel client sur quel canal ». Les deux ont un rôle, et ce rôle n'est pas le même.

La plateforme sert à rencontrer un client. Le direct sert à le garder. Payer 30 % de commission sur une rencontre, c'est un coût d'acquisition. Payer 30 % sur la trentième commande du même client, c'est une fuite. Principe de répartition des canaux

Concrètement, la répartition qui fonctionne ressemble à ceci.

  1. Gardez la marketplace comme vitrine. Elle vous expose à des gens hors de votre zone d'influence. Considérez la commission comme un budget publicitaire, acceptable sur les premières commandes d'un nouveau client.
  2. Mettez le direct en place en parallèle. QR code en salle et en vitrine, lien de commande sur la fiche Google et dans la biographie de vos réseaux. Aucune raison de couper quoi que ce soit à ce stade.
  3. Glissez une carte dans chaque sac. Un message simple : commandez directement la prochaine fois, c'est le même restaurant, la même carte, et cela nous aide beaucoup.
  4. Récompensez la commande directe. Une boisson offerte, un dessert, une remise au bout de cinq commandes. Vous financez cet avantage avec une fraction de la commission économisée et restez largement gagnant.
  5. Mesurez la part directe chaque mois. L'objectif n'est pas de tout basculer, c'est de faire monter cette part. À 30 %, vous récupérez déjà plus de 2 000 € par mois sur notre simulation. À 50 %, vous n'êtes plus dépendant de personne.

Beaucoup de restaurateurs découvrent au passage que le retrait devient leur canal le plus rentable, loin devant la livraison intermédiée. Notre article sur la vente à emporter sans commission creuse ce sujet, tout comme celui consacré à la manière de se passer des plateformes de livraison.

7. Cas concret : Le Mistral à Waziers

Le Mistral, à Waziers dans le Nord, est le premier client d'Algorio. C'est aussi, à ce jour, notre seul restaurant installé, et nous préférons le dire clairement plutôt que d'afficher un parc qui n'existe pas encore.

L'établissement dispose de sa propre solution de commande à son nom, accessible par QR code en salle et en vitrine ainsi que par un lien direct. Le client choisit, paie, la commande arrive côté cuisine. Aucune commission n'est prélevée sur le panier. La carte, les prix, les photos et les suggestions sont pilotés depuis l'espace de gestion, sans intermédiaire.

Le Mistral affiche une note de 5 sur 5 sur Google. C'est exactement le profil pour lequel la commande directe a du sens : une clientèle locale qui connaît l'adresse, qui revient, et pour laquelle payer une commission d'acquisition à chaque commande n'aurait aucune justification économique.

Le détail de la mise en place figure dans notre étude de cas Le Mistral. Pour la vue d'ensemble des options qui s'offrent à vous, la page alternative à Uber Eats résume tout en une lecture.

8. Résumé de la comparaison

CritèreUber EatsCommande directe Algorio
Coût sur un ticket de 22 €6,60 € en livraison, 3,30 € en retrait0,65 € tout compris
Coût mensuel à 1 200 commandes7 920 €785 €
Seuil de rentabilitéSans objet, coût proportionnel au CA12 commandes par mois
Nouveaux clientsForte acquisitionÀ construire localement
LivraisonIncluseÀ organiser
Fichier clientÀ la plateformeAu restaurant
EngagementConditions de la plateformeAu mois, 129 €/mois

La conclusion tient en une phrase : gardez la plateforme pour ce qu'elle sait faire, rencontrer de nouveaux clients, et arrêtez de lui payer une commission sur ceux qui vous connaissent déjà.

Reprenez la main sur vos habitués

Solution de commande à votre nom, QR code, 0 % de commission, 129 €/mois.

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9. Questions fréquentes

Uber Eats ou commande directe : qu'est-ce qui rapporte le plus à un restaurant ?

Sur une commande identique, la commande directe rapporte davantage. Sur un ticket de 22 €, Uber Eats en livraison prélève environ 6,60 € de commission et vous laisse 15,40 €. En commande directe à 129 € par mois, frais bancaires et part d'abonnement déduits, il vous reste environ 21,35 €, soit près de 6 € de plus par commande. En revanche, Uber Eats apporte de nouveaux clients et gère la livraison, ce que la commande directe ne fait pas à votre place.

À partir de combien de commandes la commande directe devient-elle rentable ?

Avec un abonnement de 129 € par mois et un ticket moyen de 22 €, la commande directe revient moins cher que la livraison Uber Eats à 30 % dès la 12e commande du mois. Face à un retrait facturé 15 % par la plateforme, le seuil est de 26 commandes par mois, et de 43 commandes à 10 %. Au delà, chaque commande supplémentaire est en marge pleine.

Faut-il quitter Uber Eats pour passer à la commande directe ?

Non, pas dans un premier temps. La stratégie la plus rentable consiste à garder la marketplace comme canal d'acquisition, et à basculer en direct la clientèle qui vous connaît déjà. Payer 30 % de commission sur un habitué qui commande toutes les semaines n'a aucun sens économique. Vous réduisez la plateforme seulement lorsque la part directe devient significative.

La commande directe apporte-t-elle de nouveaux clients ?

Non, et il est important de le dire clairement. Une solution de commande directe encaisse la demande, elle ne la crée pas. Le trafic vient de votre QR code en salle et en vitrine, de votre fiche Google Business Profile, de vos réseaux sociaux et du bouche à oreille local. Sans ce travail de visibilité, la commande directe reste vide.